Une journée à l'atelier...

Article translated in english below


Vous le savez, une des choses qui font l’identité de l’Hôtel Magnol, c’est l’atelier de lutherie qu’il abrite. Vous voulez en savoir plus ? Suivez-moi pour une journée en immersion dans les copeaux !


9h00 L’atelier s’éveille grâce à Baptiste, l’assistant de Frédéric. Ce jeune luthier fait partie de l’équipe depuis 2011. Après sa formation à l’Ecole Nationale de Lutherie de Mirecourt dans les Vosges – unique en France – il nous a rejoints à mi-temps pour parfaire son apprentissage comme c’est l’usage. Mais c’est déjà un pro, avec son propre atelier, Boulevard Bonne Nouvelle. Et oui, il a été sélectionné pour intégrer les artisans bénéficiaires des Ateliers des Métiers d’Arts de la ville, les locaux que vous voyez en montant du Corum à l’Esplanade.

Mais revenons à nos moutons : le matin on ouvre les volets, on se fait un petit café et on met en place les postes de travail. Merci Baptiste !



Ensuite, c’est Frédéric Chaudière, le luthier de l’Hôtel Magnol, qui se met à l’établi. Avec 30 ans de métier au compteur, il aime toujours autant se retrouver avec une gouge à la main (faut voir son air rêveur !). Et ça papote avec Baptiste : les instruments en cours, les clients, mais aussi la vie, ce qu’on a fait de son week-end, etc. Bref, ambiance tranquille avec les deux garçons.


Frédéric transmet à Baptiste ses techniques, ses astuces mais surtout une philosophie de travail. Selon lui « un violon, c’est une sculpture peinte qui fait du son ». Donc il est nécessaire de s’intéresser à tous ces arts pour faire un bon violon. Se servir de l’ensemble de ses sens, même le goût !! Oui oui, Frédéric est un artisan un peu à part, qui fait plein de choses et profite pleinement de la liberté que lui procure son métier.


En fin de matinée, Frédéric reçoit un coup de fil sur son portable : un de nos fournisseurs de bois arrive sur Montpellier et donc les 2 garçons partent le rejoindre. Parce que les fournisseurs, ce sont des bûcherons spécialisés. Ils viennent d’Europe de l’est, en camion, pour livrer leurs clients des bois fraîchement abattus et sciés. Le bois est assemblé par lots issus d’une même section de l’arbre pour que la matière du violon soit uniforme. Les luthiers choisissent directement « au cul du camion » leurs lots et les emportent à l’atelier. Là ils seront stockés pendant plusieurs mois à plusieurs années pour qu’ils sèchent et surtout qu’ils s’adaptent à la température et l’hygrométrie de l’Hôtel Magnol. Comme ça, une fois sur l’établi ils sont bien secs, ne risquent pas de gonfler, se rétracter ou vriller !


14h00 Après la pause déjeuner, le travail reprend. Les garçons travaillent en simultané sur plusieurs instruments. Beaucoup des étapes de fabrication nécessitent un temps de séchage donc il y a en permanence 3 ou 4 instruments en cours. Aujourd’hui, Baptiste ébauche la voûte d’une table pendant que Frédéric vernis un alto. On entend le crissement de la gouge sur le bois et on sent l’odeur de l’huile de lin du vernis frais. Quand je vous disais que le métier de luthier est une affaire de sens…


📑 Si vous voulez vraiment tout savoir sur la fabrication d'un instrument, suivez avec attention les visites guidées organisées chaque trimestre par l'Office de Tourisme de Montpellier...


14h30, un client se présente pour un rendez-vous de réglage. A l’atelier, nous assurons l’entretien des instruments que nous fabriquons, une sorte de SAV à vie en somme. Si vous avez un violon de Frédéric (et même si vous ne l’avez pas acheté à l’atelier), vous êtes toujours le bienvenu pour le faire entretenir. Frédéric l’accueille et discute avec lui pour faire son diagnostic : réglage de l’âme, changement de cordes et nettoyage. Le violon passe sur l’établi de Baptiste pour son petit soin.


Au téléphone, un appel d’un musicien Coréen qui voudrait savoir quand Frédéric a prévu de s’y rendre. Il voudrait essayer un de ses instruments car un de ses confrères lui en a vanté les mérites. Frédéric lui demande ce qu’il recherche et l’usage qu’il compte en faire – on n’utilise pas son violon de la même manière quand on est étudiant, musicien d’orchestre ou soliste. Il lui promet de venir le voir lors de son prochain voyage en octobre.


Après que le client de 14h30 ait récupéré son violon nickel, Frédéric se met devant l’ordi pour consulter ses mails. Une personne a trouvé un violon dans le grenier de son grand-père et voudrait en connaitre la valeur. Expert en instruments anciens, Frédéric lui envoie en retour son estimation et ses conseils pour le vendre au mieux.


18h00 La journée se termine avec l’arrivée d’une cliente de Buenos Aires. Elle arrive avec ses valises pour récupérer l’instrument qu’elle a commandé il y a plusieurs mois, toute excitée. Plus pressée de voir son « bébé » que de s’installer, elle se jette presque dessus pour en jouer. Quelques petits réglages pour l’ajuster parfaitement et c’est parti pour de nouvelles aventures. Son vol retour est prévu dans 4 jours, donc on l’installe dans l’appartement pour son séjour et lui recommande la Salle de Musique du rez-de-chaussée pour jouer autant qu’elle le souhaite. Elle est ravie et promet de revenir jouer pour un des « Concerts de Magnol » pendant sa prochaine tournée en Europe.


A bientôt à l’Hôtel Magnol,

Lucie







You know it, part of Hôtel Magnol’s identity is made by the violinmaking workshop it hosts. You want to know some more ? Follow me for one day immersion under the wood shavings


9:00 The workshop wakes up thanks to Baptiste, Frédéric’s assistant. This young maker is part of the team since 2011. He’s been taught a the French National Violinmaking school of Mirecourt and joined us for a part-time job just after graduation. But he is already a real professional, having his own workshop, Boulevard Bonne Nouvelle. Yep, he’s been selected by the city to benefit from the Craftsmen Workshops installed next to the Corum, in the historical center.

Let’s go back to the point : when he arrives, Baptiste opens the shutters, have a coffee and set up the workspaces. Thank you Baptiste !


Then, Frédéric, the master luthier arrives. Although he spent the last 30 years to his bench, he still loves having a gouge in his hand (must see the dreamily look he has !). He chats with Baptiste all day long : instruments in progress, clients, and life, what they did during the week-end, etc. Well, a good, friendly ambiance between the guys.


Frederic tells Baptiste about his techniques and tips but mainly about his work philosophy. Frederic often says « a violin, it’s a painted sculpture that makes sounds ». So one need to learn about these different arts to make good instruments. Use all of your senses, even taste ! I can hear you : yes Frederic is one of his kind, he runs a lot of passions and benefits from the freeness of his art.


By the end of the morning, Frederic’s phone rings : a wood provider is about to arrive in Montpellier. The guys go meet him. He’s coming from Eastern europe, with his truck loaded with freshly cut violin wood. The wood is sold by lots of the same tree section so the violin will show unified qualities. The violinmakers choose their lots right in the truck and take it back to their shops. They will keep it stored in the shop for months, or even years so the wood will dry. Like that it won’t thicken, retract or twist while on the bench.


2:00 After lunch break, they are back to work on several instruments. Since many making steps request a long drying time, there are always 3 or 4 instruments in progress in the workshop. Today Baptiste is sculpting a vault and Frédéric is varnishing a viola. We can hear the crunch of the gouge on the wood and smell the linseed oil of the varnish. As I said before, it’s all about senses !


📑 If you want to know more about instrument making, keep an eye on the themed tours organised by the Montpellier Tourist Office every 3 months...


2:30, a client shows up for an adjustment. At the workshop, we provide product support to any of Frédéric’s instrument holder. If you have one of his instrument, you’ll always be welcome to the shop for your instrument care. A lifelong customer service. Frédéric welcomes the client and listen to his impressions so he can make his diagnosis : sound post adjustment, string replacement and cleaning. The violin goes to Baptiste.


Phone rings again : a Korean musician wishes to know when Frédéric has planned to go there. He’d like to try an instrument - since one of his colleagues told him good about it. Frédéric asks for what he is looking for and what’s the use he’s going to make of it : musicians don’t choose the same instrument for studying, playing in a orchestra or as a soloist. And he promises to bring a good violin when coming to Korea next october.


After the client of 2:30 had his violin back, set and cleaned, Frédéric checks his emails. One person found a violin in her grand-pa’s attic. She’d like to know its value. As an expert in antique instruments, Frédéric replies with his estimate and advises about how to sell it.


6:00 The work day ends with the arrival of a client from Buenos Aires. She shows up with her luggages, straight from the airport, in a hurry to hold her freshly ordered viola. She just drop her coat and grab instrument and bow to play. A few last adjustments and it’s the first day of a new intense relation between the viola and its player. Her flight back is 4 days later so she is installed in Hôtel Magnol appartment for her stay, and advised the Music Hall on the ground floor where she can play as much as she wants during her journey. She is delighted and promises to come and play a concert in the « Concerts de Magnol » series during her upcoming tour in Europe.

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